Propos Artistique

C’est quoi ce spectacle ?

D’après la nouvelle Amok de Stefan Zweig, adapté et interprété par Christophe Baillargeau.

Sans décor, le spectacle est conçu pour aller à la rencontre du public et jouer partout dans des petites formes théâtrales : appartement, maison, médiathèque, bar, grange, festival …

Le propos est de passer directement du livre au personnage, d’avoir devant nous, incarné, l’homme tout droit sorti de la nouvelle de Stefan Zweig.

Dans la simplicité d’une conversation, tout devient palpable : on est avec lui sur le bateau ; on est avec l’Anglaise au bal du Gouverneur, dans la maison mal famée de la Chinoise …

Pendant une heure on est happé par son récit avec un suspens constant.

Ça raconte quoi ?

Sur un bateau la nuit, un homme mystérieux nous interpelle. Il a un besoin urgent de nous raconter son histoire.

Celle d’un médecin allemand en poste dans La Malaisie coloniale du début du 20ème siècle. Il attend désespérément la fin de sa mission pour rentrer en Europe.

L’arrivée d’une aristocrate anglaise va provoquer chez lui une vive et soudaine obsession, sentiment qu’il met en parallèle avec l’amok.

Le récit de l’homme l’amène petit à petit à nous révéler un lourd secret, mais aura-t-il la force d’aller jusqu’au bout de son histoire ?

C’est quoi au juste un amok ?

L’amok est une forme de folie furieuse observée dans certains pays asiatiques et principalement en Malaisie. La personne atteinte court dans la rue en s’attaquant physiquement à tous ceux qui se trouvent sur son passage.

Chez Stefan Zweig, c’est le comportement d’un homme soudainement possédé, comme envouté. Dans la nouvelle, le médecin compare sans cesse son état à cette folie.

« Vous savez ce que c’est l’amok ? … D’un état de tranquillité, un malaisien passe en quelques secondes à un état de furie … Quand ils le voient arriver, les gens crient « amok ! amok ! » … tout le monde s’enfuit, jusqu’à ce qu’on l’abatte comme un chien. »

Pourquoi cette nouvelle ?

C’est une question qu’on me pose souvent après le spectacle.

C’est d’abord le hasard. Avec une compagnie, le projet de créer « Amok » où je devais interpréter le rôle du médecin ne s’est pas concrétisé. Mais comme le personnage, j’ai eu l’obsession de jouer ce rôle.

Un stage d’écriture « Du roman à la scène » a déclenché le processus. Puis après avoir vu un concert dans un appartement, j’ai eu la révélation que mon Amok était fait pour ce format là.

Au final l’intimité que dégage la nouvelle est complètement adaptée à cette proximité avec le public.

Et pour moi c’est quoi l’amok ?

Avant de créer ce spectacle, j’ai présenté, lors d’une audition, la scène où le médecin raconte le moment charnière où il bascule dans cette folie et court après cette femme.

Je l’ai jouée en parlant avec douceur, la violence passée à fleur de peau. Ce qui m’a plu c’est enlever toute démonstration de folie et sentir cette écoute tendue des spectateurs.

L’amok c’est donc pour moi l’essence même du jeu de comédien : ce qui couve en moi, un tremblement de terre qui gronde au loin. Qu’on a tous. Et que j’ai envie de partager.

Le tout avec la beauté du texte de Stefan Zweig.

Un spectacle puissant, un voyage aux confins des limites de la folie avec une interprétation impressionnante.

Grégory / 9 mars 2019 à Paris (75)

Très belle intensité dramatique au cours de ce récit. On était dans la nouvelle de Zweig.

Thierry / 22 février 2020 à Parthenay (79)

Un jeu sobre et puissant, le comédien nous embarque dans un voyage, un univers, une époque, une atmosphère …

Patrice / 16 mars 2018 à Sarlat (24)

Un décor très sobre, un nombre de spectateurs adapté au lieu et la présence du comédien a su dès le début nous entraîner au coeur de l'aventure.

Monique / 22 février 2020 à Parthenay (79)

Voir un comédien à moins d'un mètre de vous, dans votre environnement familier, alors qu'il vous emporte dans un monde de folie, c'est captivant …

Yves / 14 octobre 2018 à Romainville (93)
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